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La Charente-Maritime tombe dans le piège des combustibles solides de récupération (CSR)
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Le 6 mars 2013,

Une révision du plan de prévention et de gestion pas très clairvoyante

Le dernier projet de plan de prévention et de gestion des déchets non dangereux de Charente-Maritime a été présenté à la commission consultative le 12 novembre dernier. L’association Saintonge Boisée Vivante, adhérente du Cniid et membre de cette commission, s’inquiète du développement de la fabrication de combustibles solides de récupération (voir notre dossier) comme solution de traitement des déchets. Le Cniid était intervenu en 2012 pour dissuader les élus de Clérac d’accepter la proposition de SITA Sud-Ouest de se lancer dans la construction d’une telle installation… sans succès. Il faut dire que SITA a su convaincre des élus de la vieille école sur le fait que les cimenteries voisines avaient besoin de ces CSR et qu’utiliser les déchets ménagers pour alimenter leurs fours n’était rien de plus que de l’économie circulaire. Après l’incinération et le stockage, SITA/Suez ne serait-elle pas en train de découvrir une nouvelle façon de faire de l’argent avec nos déchets ?

Les CSR, ou comment traiter les symptômes plutôt que la maladie

Mais de quoi sont composés ces CSR ? De déchets à forts pouvoir calorifique comme le papier, le carton, le bois et le plastique… soit principalement des matériaux recyclables. L’argument principal de leurs promoteurs est que les CSR sont faits à partir des déchets mal triés et de matériaux, comme les plastiques plats, pour lesquels il n’existe actuellement pas de filière de recyclage. Plutôt que de s’attaquer à la source du problème pour améliorer le tri, diminuer le suremballage ou à défaut créer une filière de recyclage appropriée, les élus se sont laissés une fois de plus prendre au piège d’une solution industrielle, de facilité, qui traite les symptômes et non la maladie. Qu’adviendra-t-il de ces installations lorsque le tri aura été affiné et étendue, et l’éco-conception améliorée ? A partir de quoi fabriqueront-elles des CSR ? Au risque de perdre en rentabilité pour leurs installations, il y a fort à parier que les promoteurs des CSR feront tout pour ralentir ce mouvement d’amélioration… ou tenteront de faire passer la fabrication et l’utilisation de CSR pour un mode de gestion "écologique" des déchets ! L’implication de l’industrie des cimentiers dans le tout nouveau "Institut pour l’économie circulaire" laisse à penser que lobbying a commencé.

Contact  : Delphine LÉVI ALVARÈS


CSR
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